lundi 31 octobre 2016

Mise à jour !

ב״ה

Depuis que j'ai annoncé la mise entre parenthèses de ce blog, j'ai reçu de très nombreux messages de personnes (que je ne connaissais pas pour la plupart) ayant exprimé leur tristesse et leur souhait que je continue à publier.

Je tenais tout d'abord à vous remercier, tous autant que vous êtes, pour tous ces messages de soutien. Sachez que tout cela me va droit au cœur. Soyez assurés du fait qu'il n'est pas dans mes intentions de fermer ce blog. Malheureusement, mes nombreuses activités (deux cours d'hébreu par semaine, des cours de Halokhoh, etc.) et le fait que, Dieu voulant, je devrai prochainement faire mes valises et m'envoler sous d'autres cieux, me laissent peu de temps pour le blog, d'où mon intention de le mettre provisoirement de côté. MAIS tous les messages reçus me convainquent plus que jamais de la nécessité de poursuivre ce travail. Par conséquent, je ferai l'effort, pour vous, de publier un ou deux articles par semaine et ne pas laisser ce blog, qui est devenu le vôtre, à l'abandon.

Cet effort ne sera pas une contrainte pour moi, car je le fais avec un réel plaisir. Il n'existe pas de plus belle chose dans ce monde-ci que d'étudier, enseigner et mettre en pratique la Tôroh et les enseignements de nos Sages, de mémoire bénie, que je continuerai encore longtemps, si HaShem me prête vie et forces, de partager avec vous.


Que le Tout-Puissant bénisse chacun et chacune d'entre vous, et à très bientôt donc pour les prochains articles.

vendredi 28 octobre 2016

Petite annonce et remerciements

ב״ה

Petite annonce et remerciements

Ce blog ne sera plus mis à jour (ou du moins pas avant très longtemps), de façon à pouvoir pleinement me consacrer à mes autres activités et obligations.

Durant les deux années d'existence de ce blog, j'ai eu à cœur de rendre accessible au plus grand nombre les enseignements halakhiques de HaZa''l et la Tôroh de Rabbénou Môshah ban Maymôn ז״ל, plus connu sous son acronyme de « Ramba''m », afin d'éveiller les consciences et contribuer à rapprocher le peuple d'Israël de la Tôroh et de la Halokhoh. Les nombreux témoignages de soutien et de solidarité que j'ai pu recevoir au cours de cette période me montrent que tout ce temps et cette énergie consacrée à compiler et traduire ces textes n'aura pas été en vain. Mon espoir est que le travail commencé à travers ce blog se poursuivra par d'autres canaux et que d'autres personnes bien disposées pourront porter à leur façon et à leur niveau les messages de vérité qu'il véhiculait. Plusieurs personnes m'ont fait part des initiatives et projets qu'elles comptaient initier sur base de ce qu'elles ont pu apprendre ici. Je leur accorde mon entière bénédiction et mon soutien le plus total.

Je tiens à remercier les lecteurs de divers horizons et milieux qui ont été très nombreux, non seulement à lire les publications mais également à y contribuer par les questions qu'ils soumettaient et les remarques pertinentes qu'ils ont pu soulever. En deux ans d'existence, ce blog a atteint, à l'heure où j'écris, exactement 29 110 pages vues, avec plus de 100 visites par semaine en moyenne, à partir de pays tels qu'Israël, la France, la Belgique, le Canada, les États-Unis, Madagascar, le Maroc, l'Algérie, l'Espagne, et de nombreux autres encore que j'oublie.

J'ai été très heureux d'apporter ma pierre à l'édifice de la propagation de la Tôroh et de la Halokhoh de nos Sages, trop souvent malheureusement négligée ou méconnue, notamment dans le public francophone. Et vos nombreuses réactions positives me donnent la force de poursuivre ce travail, chose que je ferai mais différemment, par d'autres moyens et sous d'autres cieux.

Qu'HaShem ית׳ ouvre nos yeux pour voir Ses vérités ; qu'Il ouvre nos oreilles pour écouter Sa parole ; qu'Il nous renforce dans la `amounoh (foi) véritable ; qu'Il donne à nos mains d'agir et de mettre en pratique ; qu'Il éveille nos cœurs pour nous attacher à Lui ; qu'Il puisse ajouter à ceux qui le font déjà (notamment en Israël et ailleurs) davantage d'individus qui se lèveront pour la vérité et la réhabilitation des voies de nos Sages ; qu'Il nous aide dans notre Tashouvoh (repentance), et qu'à travers elle nous puissions jouir, prochainement et de nos jours, de la venue de Moshiah Sidhqénou (notre juste Messie), qui nous sortira de cet exil long et pénible (mais néanmoins bénéfique) et nous apportera la Ga`ouloh (rédemption) Ho`améttith Wahashalémoh (véritable et complète).

Que la Tôroh d'HaShem, la Halokhoh de nos Sages, de mémoire bénie, et les enseignements de Rabbénou ne s'éteignent jamais et qu'ils nous accompagnent tous les jours de nos vies, jusqu'à la Fin des Temps. `omén, Kén Yahi Rosôn !

mercredi 19 octobre 2016

Hallél + Hôsh´anôth

ב״ה

La récitation du Hallél et des Hôsh´anôth, conformément aux instructions du Ramba''m ז״ל telles qu'elles sont respectées par les Talmidhé HaRamba''m et les Yahoudhé Témon :


Quand fait-on la bénédiction relative à la Soukkoh

ב״ה

Quand fait-on la bénédiction relative à la Soukkoh ?

Perspective du Ramba''m


Cet article peut être téléchargé ici.

Dans sa présentation des lois relatives à la Soukkoh, le Ramba''m ז״ל tranche que l'on doit prononcer la bénédiction sur cette Miswoh en étant debout, juste avant de s'asseoir dans la Soukkoh.1 (Nous l'avions rapporté dans l'article intitulé « Quelques autres règles relatives à la Soukkoh. »)

Le Pasaq Din du Ramba''m a suscité de très nombreuses interrogations et discussions parmi les `aharônim. Un principe halakhique connu stipule que lorsque la Halokhoh exige qu'une bénédiction soit faite sur l'accomplissement d'une Miswoh, on doit la faire juste avant d'accomplir la dite Miswoh. (Ce principe est connu sous le nom de עוֹבֵר לַעֲשִׂיָּתָן « ´ôvér La´asiyôthon », c'est-à-dire « avant son accomplissement. ») Si nous accomplissions la Miswoh en entrant simplement dans la Soukkoh, il nous aurait donc été demandé de faire la bénédiction juste avant d'y entrer. Et si la Miswoh n'était accomplie que lorsque nous mangeons dans la Soukkoh, la bénédiction devrait alors être faite après s'être assis dans la Soukkoh, juste avant de manger (et telle est la pratique acceptée par la majorité des Juifs). Mais le fait que le Ramba''m préconise de faire la bénédiction juste avant de s'asseoir dans la Soukkoh semble indiquer qu'il définit plutôt la Miswoh de la Soukkoh comme étant une obligation de s'y asseoir.

Beaucoup de `aharônim suggèrent que le Ramba''m a atteint une telle conclusion sur base des termes bibliques employés pour décrire l'obligation de la Soukkoh : בַּסֻּכֹּת תֵּשְׁבוּ, שִׁבְעַת יָמִים « Bassoukkôth Téshavou Shiv´ath Yomim. »2 Le mot תֵּשְׁבוּ « Téshavou » découle de la racine ישׁב, qui signifie à la fois « résider » et « s'asseoir. » On suppose généralement qu'ici, en référence à l'obligation de la Soukkoh, le mot est employé dans le sens de « résider », et la Tôroh oblige à établir notre résidence principale dans la Soukkoh. Mais pour bon nombre de `aharônim, il semblerait que le Ramba''m ait interprété « Téshavou », dans ce verset, comme voulant dire « s'asseoir », de telle sorte que, d'après lui, on accomplirait la Miswoh en s'asseyant dans la Soukkoh.

Aussi répandue que cette explication puisse être, elle est complètement fausse, comme le font aussi bien remarquer le Ro`''sh3 ז״ל que le Ra`ava''dh4 ז״ל dans leur rejet du Pasaq Din du Ramba''m. En outre, le Ramba''m lui-même cite explicitement ce verset comme établissant l'obligation de « résider » dans la Soukkoh. En effet, quelques Halokhôth plus tôt, il écrit5 :

Comment [doit s'accomplir] la Miswoh de résider dans la Soukkoh ? C'est lorsqu'il mange, boit et habite dans la Soukkoh tous les sept jours, aussi bien en journée que durant la nuit, de la même façon qu'il habite dans sa maison les autres jours de l'année. Et l'intégralité des sept jours, l'homme doit faire de sa maison [une résidence] temporaire et de sa Soukkoh [une résidence] fixe, ainsi qu'il est dit6 : « Vous résiderez dans des Soukkôth sept jours. »
כֵּיצַד הִיא מִצְוַת הַיְּשִׁיבָה בַּסֻּכָּה: שֶׁיִּהְיֶה אוֹכֵל וְשׁוֹתֶה וְדָר בַּסֻּכָּה, כָּל שִׁבְעַת הַיָּמִים בֵּין בַּיּוֹם בֵּין בַּלַּיְלָה, כְּדֶרֶךְ שְׁהוּא דָּר בְּבֵיתוֹ, בִּשְׁאָר יְמוֹת הַשָּׁנָה. וְכָל שִׁבְעַת הַיָּמִים, עוֹשֶׂה אָדָם אֶת בֵּיתוֹ עֲרַאי וְאֶת סֻכָּתוֹ קְבָע, שֶׁנֶּאֱמָר: בַּסֻּכֹּת תֵּשְׁבוּ, שִׁבְעַת יָמִים

Clairement, le Ramba''m comprend le verset comme une exigence de résider dans la Soukkoh, et non de simplement s'asseoir dedans. S'il en est ainsi, pourquoi tranche-t-il que la bénédiction doive être faite précisément avant de s'asseoir dans la Soukkoh, et non pas juste avant d'y entrer ?

Deux propositions peuvent être avancées. La première consiste à se baser sur un autre principe général concernant la récitation de bénédictions avant l'accomplissement d'une Miswoh, a savoir que chaque fois que HaZa''l ont institué la récitation d'une bénédiction sur une Miswoh, indépendamment de la définition essentielle que l'on pourrait donner à la Miswoh en question, la bénédiction ne doit être faite qu'avant l'accomplissement d'un acte concret et significatif. Par exemple, ce n'est pas juste avant de mettre la Taphilloh du bras que la bénédiction est faite dessus, mais juste avant que l'on ne commence à serrer la Taphilloh. Ce n'est que par cet acte concret, et non pas par le seul fait de mettre la Taphilloh, que l'on considère que la Miswoh est accomplie. Ainsi, le Ramba''m est certainement d'accord avec le fait que l'on accomplit la Miswoh de la Soukkoh au moment où on y entre. Néanmoins, d'après lui, simplement entrer dans la Soukkoh ne constitue pas un acte suffisamment significatif que pour nécessiter qu'une bénédiction soit faite. En effet, quelqu'un pourrait alors entrer dans la Soukkoh et en ressortir immédiatement, sans rien avoir fait à l'intérieur. Par conséquent, on ne fait la bénédiction qu'avant de s'asseoir dans la Soukkoh, ce qui constitue l'acte formel de l'accomplissement de la Miswoh.

Une deuxième approche, plus ou moins similaire, a été proposée par le Ta''z ז״ל.7 Il définit la Miswoh comme nécessitant d'établir sa résidence dans la Soukkoh, dont le fait de s'asseoir à l'intérieur constitue l’expression pratique. Comme l'écrit le Ta''z, on ne démontre une permanence que lorsqu'on s’assied. Quand quelqu'un entre temporairement dans une pièce, il reste assis. De là, nous voyons que s'asseoir quelque part est la démonstration extérieure d'un sentiment de permanence (ou du moins de longue durée). Par conséquent, le Ramba''m a exigé de ne faire la bénédiction qu'avant de s'asseoir dans la Soukkoh, étant donné que c'est parc et acte que l'on exprime sa « résidence » permanence dans la Soukkoh, accomplissant ainsi l'obligation de la Tôroh.

1Mishnéh Tôroh, Hilkôth Shôphor Wasoukkoh Walôlov 6:12
2Wayyiqro` 23:42
3Ro`''sh, Soukkoh 4:3
4Critiques sur le Mishnéh Tôroh
5Mishnéh Tôroh, Hilkôth Shôphor Wasoukkoh Walôlov 6:5
6Wayyiqro` 23:42

7Commentaire sur le Shoulhon ´oroukh, `ôrah Hayim 643:2

dimanche 16 octobre 2016

Quelles sont les Malo`khôth interdites durant Hôl Hammô´édh

ב״ה

Quelles sont les Malo`khôth interdites durant Hôl Hammô´édh ?


Cet article peut être téléchargé ici.

חול המועד « Hôl Hammô´édh » est une expression faisant référence aux jours intermédiaires de Pésah et Soukkôth, et se traduit littéralement par « partie profane de la fête ». L'expression en elle-même ressemble à un oxymore : ces jours ne sont pas des Yomim Tôvim, car ce sont des חולין « Houllin »1, mais font néanmoins partie des מועדים « Mô´adhim »2. Ce sont donc des jours qui sont à moitié profanes, car certaines Malo`khôth sont permises, et à moitié saints, car d'autres Malo`khôth sont interdites. La question naturelle qui se pose donc est celle-ci : quelles sont les Malo`khôth permises et celles qui sont interdites durant la période de Hôl Hammô´édh ?

Avant de répondre à cette question, nous devons nous pencher sur les sources de l'interdiction d'accomplir des Malo`khôth durant Hôl Hammô´édh. Dans Haghighoh 18a, La Gamoro` rapporte une divergence d'opinion entre Résh Laqqish ז״ל et Rébbi Yôhonon ז״ל concernant l'accomplissement de Malo`khôth après un jour de Yôm Tôv. La Gamoro` se poursuit de la façon suivante :

Il s'en suit donc que les deux3 sont d'avis qu'à Hôl Hammô´édh il est interdit d'accomplir une Malo`khoh.4 D'où le déduit-on ? Du fait qu'il a été enseigné par nos Rabbins : « [Il est écrit5 :] ''La fête des Massôth, tu la garderas sept jours''. Ceci enseigne concernant [les jours de] Hôl Hammô´édh qu'il est interdit d'y accomplir une Malo`khoh6 ». [Ce sont là les] paroles de Rébbi Yo´shiyoh. Rébbi Yônothon a dit : « Ce n'est pas nécessaire !7 [Cela peut être prouvé par] un Qal Wahômar8 : si le premier et le septième [jours] qui n'ont pas de sainteté9 qui les précède et les suit il est interdit de faire une Malo`khoh, à combien plus forte raison convient-il d'interdire d'accomplir une Malo`khoh durant [les jours de] Hôl Hammô´édh, qui sont précédés et suivis d'une sainteté » Mais les six jours du commencement [de la création]10 ne réfutent-ils pas [cet argument], car une sainteté les précède et les suit11, et pourtant il est permis d'y accomplir une Malo`khoh ? Non, car bien que [cela s'applique] aux six jours du commencement [de la création] durant lesquels on n'apporte pas de Qorban Mousof, peux-tu en dire [de même] des [jours de] Hôl Hammô´édh durant lesquels on apporte un Qorban Mousof ?12 Mais Rô`sh Hôdhash ne réfute-il pas [cet argument], car on y apporte un Qorban Mousof, et pourtant il est permis d'y accomplir une Malo`khoh ? Non, car bien que [cela s'applique] à Rô`sh Hôdhash qui n'est pas appelé « Miqro` Qôdhash »13, peux-tu en dire [de même] des [jours de] Hôl Hammô´édh qui sont appelés « Miqro` Qôdhash » ?14 Puisqu'ils sont appelés « Miqro` Qôdhash », il convient d'interdire d'accomplir une Malo`khoh [durant les jours de] Hôl Hammô´édh]. Il a été enseigné ailleurs : « [Il est écrit15 :] ''Vous n'accomplirez aucune Mala`khath ´avôdhoh16''. Ceci enseigne concernant [les jours de] Hôl Hammô´édh qu'il est interdit d'y accomplir une Malo`khoh »17. [Ce sont là les] paroles de Rébbi Yôsé le Galiléen. Rébbi ´aqivo` dit : « Ce n'est pas nécessaire ! Il est dit18 : ''Ceux-ci sont les Mô´adhim d'HaShem, etc.'' De quoi parle le verset ? Si c'est du premier jour, voici il a déjà été dit [que c'est] un Shabbothôn19. Si c'est du septième jour, voici il a déjà été dit [que c'est] un Shabbothôn20. Par conséquent, le verset ne peut parler que [des jours] de Hôl Hammô´édh, pour t'apprendre qu'il est interdit d'y accomplir une Malo`khoh ».21 Il a été enseigné ailleurs : « [Il est écrit22 :] ''Six jours tu mangeras des Massôth, et le septième jour sera une ´asarath23 pour HaShem''. [Ceci enseigne que] tout comme le septième jour est placé sous une restriction [au niveau des Malo`khôth]24, de même, les six jours [qui précèdent] sont placés sous une restriction [au niveau des Malo`khôth] ». Si [tu penses que] tout comme le septième jour est placé sous une restriction au niveau de toutes les sortes de Malo`khôth, de même, les six jours [qui précèdent] sont placés sous une restriction au niveau de toutes les sortes de Malo`khôth, [sache] donc que l’Écriture enseigne « et le septième jour sera une ´asarath », [pour te faire comprendre que] seul le septième jour est placé sous une restriction au niveau de toutes les sortes de Malo`khôth, mais que les six jours [qui précèdent] ne sont pas placés sous une restriction au niveau de toutes les sortes de Malo`khôth. C'est ainsi que l’Écriture a laissé aux Sages le soin de te dire25 quel est le jour où [les Malo`khôth] sont interdites, et quel est le jour où elles sont permises26, quelle sorte de Malo`khoh est interdite, et laquelle est permise27.
מכלל דתרוייהו סבירא להו דחולו של מועד אסור בעשיית מלאכה מנהני מילי דתנו רבנן את חג המצות תשמור שבעת ימים לימד על חולו של מועד שאסור בעשיית מלאכה דברי רבי יאשיה רבי יונתן אומר אינו צריך קל וחומר ומה ראשון ושביעי שאין קדושה לפניהן ולאחריהן אסור בעשיית מלאכה חולו של מועד שיש קדושה לפניהן ולאחריהן אינו דין שיהא אסור בעשיית מלאכה ששת ימי בראשית יוכיחו שיש קדושה לפניהן ולאחריהן ומותרין בעשיית מלאכה מה לששת ימי בראשית שאין בהן קרבן מוסף תאמר בחולו של מועד שיש בו קרבן מוסף ראש חדש יוכיח שיש בו קרבן מוסף ומותר בעשיית מלאכה מה לראש חדש שאין קרוי מקרא קדש תאמר בחולו של מועד שקרוי מקרא קדש הואיל וקרוי מקרא קדש דין הוא שאסור בעשיית מלאכה תניא אידך כל מלאכת עבודה לא תעשו לימד על חולו של מועד שאסור בעשיית מלאכה דברי רבי יוסי הגלילי רבי עקיבא אומר אינו צריך הרי הוא אומר אלה מועדי ה' וגו' במה הכתוב מדבר אם בראשון הרי כבר נאמר שבתון אם בשביעי הרי כבר נאמר שבתון הא אין הכתוב מדבר אלא בחולו של מועד ללמדך שאסור בעשיית מלאכה תניא אידך ששת ימים תאכל מצות וביום השביעי עצרת לה' מה שביעי עצור אף ששת ימים עצורין אי מה שביעי עצור בכל מלאכה אף ששת ימים עצורין בכל מלאכה תלמוד לומר וביום השביעי עצרת השביעי עצור בכל מלאכה ואין ששה ימים עצורין בכל מלאכה הא לא מסרן הכתוב אלא לחכמים לומר לך איזה יום אסור ואיזה יום מותר איזו מלאכה אסורה ואיזו מלאכה מותרת

Le but de tout ce passage talmudique est de nous faire comprendre que l'interdiction d'accomplir une Malo`khoh durant Hôl Hammô´édh est une tradition orale remontant au Sinaï. Les seuls points de divergence consiste à savoir si cette interdiction peut être soutenue par un verset de l’Écriture, et si oui, lequel. Mais au final, tous sont d'accord pour dire que l'interdiction remonte au Mont Sinaï.

Quant à la dernière phrase de ce passage, cela signifie tout simplement que bien que le statut de cette interdiction provienne de la tradition orale, les paramètres de cette interdiction ont été déterminés par les Sages eux-mêmes. Ainsi, étant donné que les jours intermédiaires d'un Yôm Tôv font partie de la fête, certaines Malo`khôth sont interdites ces jours-là. Mais comme ces jours ne sont pas des Yomim Tôvim en eux-mêmes, certaines Malo`khôth ont été permises ces jours-là. Et la Tôroh a laissé au Sages le soin de déterminer eux-mêmes quelles Malo`khôth devaient être interdites et lesquelles devaient être autorisées. Et le critère utilisé par les Sages pour déterminer cela était la préservation de la sainteté de ces jours-là. En d'autres mots, toutes les Malo`khôth qui nuisent à la sainteté de ces jours-là furent interdites, tandis que celles qui ne nuisent pas à la sainteté de ces jours-là furent autorisées.

Si nous ne considérons pas ces jours-là comme ayant un certain degré de sainteté, alors qu'ils font partie de la période de fête, nous allons les traiter avec légèreté et les traiter comme des jours ordinaires, ce qui nous fera oublier que nous sommes en période de fête. C'est pour cela que certaines restrictions au niveau des Malo`khôth que l'on peut ou que l'on ne peut pas accomplir furent instituées. C'est là le sens de Hôl Hammô´édh. Voilà pourquoi le Talmoudh Yarousholmi28 rapporte que Rov `abbo` bar Mammél ז״ל a déclaré : « Si j'avais un groupe de Sages pour se joindre à moi, j'annulerai Hôl Hammô´édh... Pourquoi Hôl Hammô´édh fut-il donné à la base ? N'était-ce pas pour que les gens soient capables de manger, boire, et s'occuper dans la Tôroh ? Au lieu de cela, ils mangent, boivent, et s'amusent ! ». La période de Hôl Hammô´édh revêt une certaine sainteté, et limiter les Malo`khôth et activités que l'on pourrait y accomplir sert à préserver ce degré de sainteté et passer ces jours à des choses nécessaires et spirituelles, plutôt qu'à des futilités.

Ces restrictions et permissions au niveau des Malo`khôth sont énoncées et expliquées en détail dans le traité Mô´édh Qoton du Talmoudh. Se basant sur ce traité, le Hofés Hayim ז״ל a indiqué dans son Mishnoh Barouroh29 qu'il n'y avait que cinq sortes de Malo`khôth permises durant Hôl Hammô´édh. Les voici :

  1. דבר האבד « Dovor Ho`avédh » : un travail qui sera perdu s'il n'est pas réalisé maintenant. Par exemple, si les produits d'un champ seront abîmés s'ils ne sont pas irrigués durant Hôl Hammô´édh, il sera permis de les irriguer.
  2. צרכי המועד « Sorakhé Hammô´édh » : des travaux qui sont nécessaires pour la fête en elle-même. Par exemple, si cela est nécessaire, une Soukkoh pourra être complètement reconstruite durant Hôl Hammô´édh. De même, on pourra cuire ses propres Massôth durant Hôl Hammô´édh Pésah.
  3. בשביל פּועל שאין לו מה לאכול « Bishvil Pô´él Sha`én Lô Mah La`akhôl » : une activité qui a été permise afin de permettre à un travailleur d'avoir suffisamment d'argent que pour se nourrir.
  4. צרכי רבים « Sorakhé Rabbim » : les travaux qui sont une nécessité publique, c'est-à-dire, pour le bien des citoyens ou des autres personnes. Par exemple, réparer la citerne d'eau de la ville, ou déboucher les toilettes de la maison, est permis durant Hôl Hammô´édh.
  5. מעשה הדיוט « Ma´aséh Hédhiyôth » : les actes simples, qui ne nécessitent pas d'efforts ou de compétences professionnelles particulières.

HaZa''l ont interdit de s'adonner à des activités financières (c'est-à-dire, acheter ou vendre quelque chose) durant Hôl Hammô´édh, à moins que cela serve pour la fête ou pour empêcher une perte d'argent.30 Et même les activités financières qui sont permises doivent être réalisées d'une manière discrète et sobre, afin de ne pas perturber la sainteté de la période de fête.31 Ainsi, HaZa''l ont tranché qu'un magasin de vêtements tenu par un Israélite peut vendre des vêtements qui seront portés durant la fête, mais que la porte principale donnant sur la rue doit être fermée. Si le magasin est doté de deux portes donnant sur la rue, l'une pourra être ouverte, tandis que l'autre sera fermée, afin de montrer par-là qu'aujourd'hui c'est Hôl Hammô´édh.32

Ainsi, d'après le Talmoudh, un Israélite ne peut pas ouvrir son magasin pour conduire ses affaires d'une manière ordinaire durant Hôl Hammô´édh. Il ne pourra le faire qu'avec un שינוי « Shinouy » (changement, modification33), si ce qu'il vend sert aux besoins de la fête, et seulement si le fait de garder son magasin fermé risque de lui faire perdre beaucoup d'argent.

Rabbi Yôséf Qa`rô ז״ל ajoute à cela qu'un magasin tenu par un Israélite qui vend des aliments périssables peut rester ouvert durant Hôl Hammô´édh d'une façon ordinaire, étant donné que tout ce qui sera acheté servira soit à Hôl Hammô´édh, soit à Yôm Tôv.34

Bien qu'il puisse théoriquement être possible de changer d'endroits sans accomplir de Malo`khoh, le déplacement pour se rendre en-dehors de sa ville ou de son quartier durant Hôl Hammô´édh peut être fatiguant et une distraction. C'est pourquoi, HaZa''l ont interdit de se déplacer hors de sa ville ou de son quartier durant Hôl Hammô´édh.35 Dans le même temps, aller dormir ailleurs ou se rendre dans une autre ville peut contribuer à améliorer l'atmosphère de Yôm Tôv, et c'est pourquoi HaZa''l l'ont permis si c'est dans ce but-là, et non pour s'occuper de ses affaires ou de futilités.

De l'autre côté, comme cela a été dit plus haut, toute Malo`khoh qui ne détourne pas de l'atmosphère de sainteté de Hôl Hammô´édh est permise. Par conséquent, HaZa''l ont permis de déplacer des objets Mouqsah durant Hôl Hammô´édh, car cela ne perturbe pas la sainteté et le but du jour.36 (Concernant les objets Mouqsah, voir l'article intitulé « Qu'est-ce que réellement la notion de Mouqsah ? ».)

Certains Pôsqim permettent d'accomplir toute Malo`khoh qui ne nécessite que très peu d'effort, même si elle n'est pas en soi nécessaire aux besoins de la fête.37 D'après ceux qui soutiennent cette opinion, il est donc permis, par exemple, de craquer une allumette ou de prendre des photographies, même si ce n'est pas pour les nécessités de la fête. Mais d'autres Pôsqim s'opposent à cette opinion, et ne permettent ces activités que lorsqu'elles sont réalisées pour les besoins de la fête38, comme par exemple, prendre des photographies de sa Soukkoh durant Hôl Hammô´édh afin d'immortaliser l'occasion, ou craquer une allumette afin de préparer à manger.

HaZa''l ont également permis des activités qui contribuent à améliorer l'atmosphère de Hol Hammô´édh ou que l'on prévoit pour Yôm Tôv, comme cuisiner, faire des achats pour Yôm Tôv, ou encore voyager à des fins festives (quitter sa ville durant Hôl Hammô´édh parce qu'on est invité par des amis pour passer du temps avec eux sous leur Soukkoh, ou manger avec eux pour Pésah, par exemple). Il est donc permis de moudre, de trier, de cuire du pain et d'accomplir d'autres activités culinaires ordinaires destinées aux repas de Yôm Tôv ou Hôl Hammô´édh. Mais on ne doit pas préparer durant Hôl Hammô´édh des repas que l'on compte consommer après Yôm Tôv, tout comme il est interdit de cuisiner à Yôm Tôv pour un jour profane.

Expliquons à présent le point 5 mentionné par le Hofés Hayim, dans son Mishnoh Barouroh. HaZa''l ont permis de fabriquer ou réparer des objets dont on a besoin à Hol Hammô´édh, mais à la condition de ne pas avoir recourt à une méthode professionnelle pour réaliser ce travail. C'est ce que l'on appelle des מעשה הדיוט « Ma´aséh Hédhiyôth », des travaux qui ne nécessitent pas des méthodes ou compétences professionnelles pour être réalisés. Ainsi, par exemple, on peut accorder un instrument si cela ne nécessite pas de compétences particulières.39 Rabbi Yôséf Qa`rô tranche qu'il est permis de fabriquer un bac d'eau pour animaux d'une manière non professionnelle, afin que les animaux aient à boire durant Hôl Hammô´édh.40 De même, il est permis de faire quelques réparations dans sa maison qui servent un but festif d'une manière non professionnelle41, comme par exemple placer une grande planche en bois pour remplacer une fenêtre cassée et empêcher ainsi le froid d'entrer dans la maison. Mais réaliser ces travaux ou réparations de façon professionnelle (par exemple, en montant une toute nouvelle vitre pour remplacer celle qui est cassée) est interdit, à moins de s'exposer à des pertes financières si on ne le faisait pas.42

En règle générale, donc, tout travail « professionnel » est interdit à Hôl Hammô´édh. De ce fait, il n'est pas permis de développer une pellicule photographique, même à des fins festives, étant donné que c'est un travail professionnel. Par contre, il est permis d'utiliser un appareil photographique digital, même si la photographie est « développée » à Hôl Hammô´édh, étant donné qu'aucune compétence n'est nécessaire (c'est l'appareil qui fait pratiquement tout dès l'instant où l'on appuie sur le bouton).

Il est permis de recoudre un vêtement déchiré si on compte le porter à Yôm Tôv ou durant Hôl Hammô´édh, mais uniquement si on le recoud avec un Shinouy (d'une manière fortement différente que d'ordinaire43) ou qu'on le fait recoudre par une personne non professionnelle (c'est-à-dire, dont ce n'est pas le métier).44 Ainsi, si on le recoud soi-même, il faudra un Shinouy significatif et que l'on ait l'intention de le porter durant Hôl Hammô´édh ou Yôm Tôv. Et si on le fait recoudre par quelqu'un d'autre, cette personne ne devra pas être une professionnelle. La raison pour laquelle HaZa''l ont émis ces conditions, c'est afin qu'on se rappelle par ces changements que c'est Hôl Hammô´édh, même lorsqu'on accomplit une Malo`khoh pour les besoins de la fête. Cela contribue donc à préserver l'atmosphère de Yôm Tôv qui devrait imprégner tous les jours de Hôl Hammô´édh.

Comme cela a été mentionné au point 3 par le Hofés Hayim, HaZa''l ont permis à un travailleur qui ne peut pas pourvoir de la nourriture à sa famille (ou pour lui-même) pour Yôm Tôv de travailler durant Hôl Hammô´édh.

Comme cela fut mentionné par le Hofés Hayim au point 1, HaZa''l ont permis de travailler durant Hôl Hammô´édh si une perte financière résultera du fait d'avoir repoussé le travail jusqu'à après Yôm Tôv.45 Cela fut permis, car autrement, trop préoccupée par l'argent qu'elle perd, la personne se détournera de la joie de Yôm Tôv.46

Une autre application de ce principe est qu'il est permis de réparer un verrou cassé ou une alarme cassée durant Hôl Hammô´édh, pour empêcher de se faire voler.47 De même, il est permis de retirer immédiatement une tache d'un vêtement avant qu'il ne soit trop tard (certaines taches sont presque impossibles à retirer une fois qu'elles ont séchées).

En vertu de cette règle, un employé peut aller au travail durant Hôl Hammô´édh si prendre congé pourrait lui faire perdre son emploi. Néanmoins, s'il peut prendre même des congés non payés à Hôl Hammô´édh sans que cela ne menace sa place, il ne doit pas aller travailler.

Il est permis d'acheter un article dont on n'aura besoin qu'après Yôm Tôv s'il ne sera disponible que durant Hôl Hammô´édh ou si après Hôl Hammô´édh son prix augmentera (par exemple, si les soldes se concluent durant Hôl Hammô´édh). Les Pôsqim concluent qu'une telle situation entre dans la catégorie d'une דבר האבד « Dovor Ho`avédh ».48

En raison de ce principe, la Mishnoh49 permet d'irriguer un champ durant Hôl Hammô´édh, si une semaine sans eau nuira aux productions agricoles. Cependant, il n'est pas permis d'irriguer un champ qui a reçu une quantité de pluie adéquate, même si le champ profitera considérablement d'un ajout d'eau. Cela est interdit, car ce serait créer un profit, chose qu'il est interdite de faire à Hôl Hammô´édh, car on ne peut accomplir que des Malo`khôth servant à éviter une perte, et non pas à préserver un profit.50 Ainsi, bien que l'on ne puisse pas s'adonner à des activités commerciales pour conquérir de nouveaux marchés, on peut servir des clients déjà existants (si les conditions dont nous avons précédemment parlées sont remplies).

La raison pour laquelle on fait une distinction entre une perte et un profit potentiel est que les gens sont généralement déçus lorsqu'ils perdent quelque chose qu'ils possédaient déjà, et cela les détournera de la joie de la Yôm Tôv, alors qu'ils sont généralement moins ennuyés lorsqu'ils perdent un profit potentiel, qui n'existait pas encore concrètement.

HaZa''l ont interdit de faire la lessive, de se raser et de se couper les cheveux durant Hôl Hammô´édh, précisément afin de préserver l'atmosphère de sainteté de Hôl Hammô´édh. Dans les temps talmudiques, les gens avaient l'habitude de faire leur lessive, de se tailler la barbe et se faire couper les cheveux très régulièrement (les Israélites ont toujours eu l'habitude de garder une coupe de cheveux très courte). Pour préserver l'atmosphère de sainteté de Hôl Hammô´édh, ces activités furent interdites durant Hôl Hammô´édh afin de s'assurer que les gens accompliraient ces choses avant le commencement de Yôm Tôv.

Par contre, HaZa''l ont permis de laver des serviettes et des vêtements d'enfants durant Hôl Hammô´édh, étant donné que même s'ils sont lavés avant le début de Yôm Tôv, ils ont tendance à être rapidement salis.51

Repasser un vêtement durant Hôl Hammô´édh n'entre pas dans cette interdiction de faire la lessive.52

Toute Malo`khoh qu'un Israélite a l'interdiction d'accomplir lui-même durant Hôl Hammô´édh, il n'a pas le droit de demander à un Gôy de l'accomplir pour lui.53 Mais si le Gôy est un entrepreneur qui est payé pour le travail effectué et qu'il peut lui-même choisir les jours où il travaillera, il existe des cas d'exceptions pouvant permettre de confier le travail à ce Gôy. En ce sens, c'est exactement la même chose que pour les lois de Shabboth, où il est permis de demander avant Shabboth à un entrepreneur Gôy d'accomplir un travail pour nous s'il y a théoriquement suffisamment de temps pour que le travail soit réalisé avant Shabboth, même si, au final, il fait lui-même le choix de travailler à Shabboth.

Lorsqu'on paie quelqu'un en fonction du travail réalisé, cette personne est halakhiquement considérée comme travaillant pour elle-même et non pour nous. Par conséquent, lorsqu'un Israélite engage un entrepreneur Gôy et que ce dernier fait lui-même le choix de travailler à Shabboth ou Hôl Hammô´édh, il n'est pas considéré comme quelqu'un qui travaille pour l'Israélite ces jours-là. Nous pouvons donc lui permettre de travailler durant Hôl Hammô´édh, mais à la condition de ne pas lui demander d'accomplir ce travail durant Hôl Hammô´édh. La décision doit être le fait de ce Gôy uniquement. En résumé, si les quatre conditions suivantes sont remplies, il sera permis de tirer profit du travail effectué par ce Gôy :

  1. l'Israélite le paie pour le travail qu'il lui demande, et non sur une base journalière, ni en fonction du nombre d'heures passé sur le travail ;
  2. l'Israélite a fait appel à ce Gôy avant le début de Yôm Tôv ;
  3. l'Israélite n'a pas donné pour instruction à ce Gôy de travailler durant Hôl Hammô´édh ;
  4. le Gôy réalise son travail d'une manière discrète, de façon à ce que des Israélites ne sachent pas qu'il travaille pour un Israélite.

Ainsi, le Gôy doit travailler pour son propre compte, selon ses propres conditions, et d'une façon et dans un lieu où aucun Israélite ne peut savoir qu'il réalise ce travail pour un Israélite.

Lorsqu'on respecte Hôl Hammô´édh de la façon appropriée, on accomplit un Qiddoush HaShem et démontre l'alliance existante entre nous et HaShem. Par contre, lorsque ce n'est pas le cas, nous accomplissons un Hilloul HaShem et dénaturons la sainteté qu'ont ces jours, ainsi que l'a dénoncé Rov `abbo` bar Mammél dans le Talmoudh Yarousholmi.

Puissions-nous toujours mériter de démontrer la présence d'HaShem et le lien qui nous unit à Lui au sein du peuple d’Israël, mais aussi dans le monde entier, par notre respect de Ses lois et des fêtes qu'Il nous a données pour la réjouissance et l'exaltation (comme nous le disons dans les prières des périodes de fête), et non pour les passer dans des futilités.

1חול « Hôl » signifie « profane » ou « ordinaire », et désigne ce qui n'est pas sacré ou saint
2מועד « Mô´édh » signifie « rendez-vous », et désigne une des fêtes pour lesquelles le peuple devait se rassembler, afin de se présenter devant HaShem
3Résh Laqqish et Rébbi Yôhonon
4Puisque Résh Laqqish n'a pas objecté à la déclaration de Rébbi Yôhonon concernant l'interdiction d'accomplir des Malo`khôth à Hôl Hammô´édh, c'est que les deux sont d'accord sur ce point
5Shamôth 23:15
6Le verbe « garder » est toujours employé dans la Tôroh pour mettre en garde contre le fait de transgresser une interdiction. Dans le contexte d'une fête ou d'un jour saint, il désigne l'interdiction d'accomplir des Malo`khôth. Par exemple, « vous garderez le Shabboth dans toutes vos générations » signifie qu'il faut s'abstenir d'accomplir des Malo`khôth le jour du Shabboth, car c'est ainsi que l'on préserve (garde) le Shabboth. En connectant, dans le verset susmentionné, l'impératif de garder Pésah et la période de sept jours de la fête, la Tôroh nous apprend donc que l'interdiction des Malo`khôth s'applique durant l'intégralité de la période des sept jours de la fête de Pésah, Hôl Hammô´édh y compris
7C'est-à-dire, un verset n'est pas nécessaire pour démontrer l'interdiction des Malo`khôth durant Hôl Hammô´édh
8Un argument a minore ad maius
9C'est-à-dire, de jours saints
10C'est-à-dire, les six jours de la semaine, durant lesquels travailler est permis
11À savoir, le Shabboth, qui précède et suit les six jours de la semaine
12Bamidhbor 28:19-24 et 29:13-16. Le fait de devoir apporter un Qorban Mousof chaque jour de Hôl Hammô´édh démontre que ces jours ont une sainteté comparable à celle de Shabboth et Yôm Tôv, où l'on apporte aussi un Qorban Mousof
13Une sainte convocation
14Wayyiqro` 23, Bamidhbor 28 et 29. Le fait d'avoir été appelé « saint », comme Shabboth et Yôm Tôv, démontre qu'il est interdit d'accomplir des Malo`khôth durant Hôl Hammô´édh, car le terme « saint » implique une interdiction de Malo`khôth
15Wayyiqro` 23:7
16C'est-à-dire, « un ouvrage servile »
17Puisque ce verset 7 est suivi du verset 8, qui parle des sept jours de la fête, cela indique par là que cette interdiction d'accomplir une œuvre servile s'applique durant l'intégralité des sept jours, Hôl Hammô´édh y compris
18Wayyiqro` 23:4, 37
19Wayyiqro` 23:39
20Ibid.
21En d'autres mots, si la Tôroh a déjà décrit le premier et septième jour de Yôm Tôv comme étant des Shabbothôth (des repos solennels, où les mêmes règles qu'à Shabboth s'appliquent, à l'exception de ce qui est nécessaire au manger), il n'était pas nécessaire de nous dire qu'accomplir des Malo`khôth était interdit. Si la Tôroh l'a néanmoins dit, c'est donc afin de nous faire comprendre que ces interdictions sont d'application durant l'intégralité des Mô´adhim, les jours de Hôl Hammô´édh y compris.
22Davorim 16:8
23Fête de conclusion
24Puisque le verset se conclut par les mots « Tu n'y accompliras aucune Malo`khoh ».
25C'est-à-dire, étant donné que le verset se contente uniquement de dire que l'interdiction des Malo`khôth ne s'applique pas de façon uniforme chacun des sept jours de la fête, c'est que l'intention de l’Écriture est de laisser les Sages décider eux-mêmes comment cette interdiction doit s'appliquer durant la période de la fête
26C'est-à-dire, quel jour est un Yôm Tôv à proprement parler, et quel jour n'est qu'un jour de Hôl Hammô´édh
27Car certaines catégories de Malo`khôth sont permises durant Hôl Hammô´édh, tandis que d'autres sont interdites.
28Mô´édh Qoton 2:3
29`ôrah Hayim 530
30Gamoro`, Mô´édh Qoton 10b
31Mishnoh, Mô´édh Qoton 13b
32Gamoro`, Mô´édh Qoton 10b
33Quelque chose qui indique que ce n'est pas un jour ordinaire.
34Shoulhon ´oroukh, `ôrah Hayim 539:11
35Mishnoh, Mô´édh Qoton 13a
36Tôsofôth, sur Shabboth 22a
37Taroumath Haddashan 153
38Shou''th Radba''z 727
39Shou''th Shavouth Ya´aqôv 25
40Shoulhon ´oroukh, `ôrah Hayim 540:5
41Shoulhon ´oroukh, `ôrah Hayim 540:1
42Shoulhon ´oroukh, `ôrah Hayim 537:1
43Le changement doit être flagrant et significatif.
44Mishnoh, Mô´édh Qoton 8b
45Mishnoh, Mô´édh Qoton 13b
46Le Ritva''` sur Mô´édh Qoton 13b
47Mishnoh, Mô´édh Qoton 11a
48Shoulhon ´oroukh, `ôrah Hayim 539:9
49Mô´édh Qoton 2a
50Shoulhon ´oroukh, `ôrah Hayim 537:1
51Mishnoh, Mô´édh Qoton 14a ; Shoulhon ´oroukh, ` ôrah Hayim 534:1
52Shoulhon ´oroukh, `ôrah Hayim 541:3

53Gamoro`, Mô´édh Qoton 12a ; Shoulhon ´oroukh, `ôrah Hayim 543:1

Comment honorer Yôm Tôv

ב״ה

Comment honorer Yôm Tôv ?


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Le Ramba''m ז״ל énonce les règles basiques de l'honneur de Yôm Tôv au Chapitre 6 des Shavithath Yôm Tôv, dans son Mishnéh Tôroh. Nous allons les parcourir une à une.

15. Tout comme il est une Miswoh d'honorer le Shabboth et d'y prendre plaisir, ainsi en est-il des Yomim Tôvim, car il est dit1 : « sanctifié pour HaShem [et] honoré ». Il est dit de tous les Yomim Tôvim2 : « sainte convocation ». Et nous avons déjà expliqué [en quoi consiste] l'honneur et le plaisir dans les Hilkôth Shabboth. De même, il convient de ne pas prendre de repas les veilles des Yomim Tôvim à partir de Minhoh comme à la veille de Shabboth, car cela est également inclus dans l'honneur. Quiconque traite les fêtes avec mépris est comparable à celui qui s'adonne à l’idolâtrie.
טו  כְּשֵׁם שֶׁמִּצְוָה לְכַבַּד שַׁבָּת וּלְעַנְּגָהּ, כָּךְ כָּל יָמִים טוֹבִים--שֶׁנֶּאֱמָר "לִקְדוֹשׁ ה' מְכֻבָּד", וְכָל יָמִים טוֹבִים נֶאֱמָר בָּהֶן "מִקְרָא-קֹדֶשׁ"; וּכְבָר בֵּאַרְנוּ הַכִּבּוּד וְהָעִנּוּג בְּהִלְכּוֹת שַׁבָּת. וְכֵן רָאוּי לָאָדָם שֶׁלֹּא יִסְעֹד בְּעַרְבֵּי יָמִים טוֹבִים מִן הַמִּנְחָה וָמַעְלָה כְּעֶרֶב שַׁבָּת, שֶׁדָּבָר זֶה בִּכְלַל הַכִּבּוּד. וְכָל הַמְּבַזֶּה אֶת הַמּוֹעֲדוֹת, כְּאִלּוּ נִטְפַּל לַעֲבוֹדָה זָרָה
Tout comme il est une Miswoh d'honorer le Shabboth et d'y prendre plaisir, ainsi en est-il des Yomim Tôvim, car il est dit : « sanctifié pour HaShem [et] honoré » : Bien que ce verset parle du Shabboth, il sous-entend également les Yomim Tôvim, car ils sont aussi appelés « sanctifiés » par la Tôroh, comme le prouve le deuxième verset cité par le Ramba''m. En rapportant ce premier verset, il veut juste nous faire comprendre que tout comme Shabboth est saint, ainsi en est-il aussi de Yôm Tôv.

Et nous avons déjà expliqué [en quoi consiste] l'honneur et le plaisir dans les Hilkôth Shabboth : Au Chapitre 30, où le Ramba''m a expliqué que l'honneur impliquait de préparer sa maison et ses vêtements pour Shabboth, tandis que le plaisir impliquait de consommer des aliments qu'on aime et s'adonner à d'autres activités qui mènent à la satisfaction physique (comme bien dormir, par exemple).

De même, il convient de ne pas prendre de repas les veilles des Yomim Tôvim à partir de Minhoh comme à la veille de Shabboth : Voir Hilkôth Shabboth 30:4, qui explique que cette restriction fut instituée afin que l'on entre dans le Shabboth (ainsi que Yôm Tôv) avec appétit.

Par « Minhoh », on parle de Minhoh Qatannoh, qui tombe à la neuvième heure halakhique du jour (trois heures halakhique avant le coucher du soleil).

car cela est également inclus dans l'honneur : Ne pas prendre de repas en l'honneur de Shabboth ou Yôm Tôv, c'est comme mépriser ces jours saints.

Quiconque traite les fêtes avec mépris est comparable à celui qui s'adonne à l’idolâtrie : Le Talmoudh3 fait remarquer qu'il est dit dans la Tôroh אֱלֹהֵי מַסֵּכָה, לֹא תַעֲשֶׂה-לָּךְ « Tu ne te feras point des dieux de métal »4, et les versets juste après celui-ci nous parlent de tous les Yomim Tôvim, établissant ainsi un lien entre l’idolâtrie et le nom respect des Yomim Tôvim.

16. Les sept jours de Pasah et les huit jours de la Fête, ainsi que le reste des Yomim Tôvim, les éloges funèbres et les jeûnes sont interdits tous ces [jours-là]. L'homme a l'obligation d'y être joyeux et d'un cœur bien disposé, lui-même, ses enfants, sa femme, les gens de sa maison et tous ceux qui dépendent de lui, car il est dit5 : « Et tu te réjouiras durant ta fête, etc. ». Bien que la joie dont il est fait mention ici concerne le Qorban Shalomim comme nous l'avons expliqué dans les Hilkôth Haghighoh, cette joie inclut également qu'il se réjouisse, ainsi que ses enfants, les gens de sa maison, chacun selon ce qui lui convient !
טז  שִׁבְעַת יְמֵי הַפֶּסַח וּשְׁמוֹנַת יְמֵי הֶחָג עִם שְׁאָר יָמִים טוֹבִים, כֻּלָּם אֲסוּרִים בְּסֵפֶד וְתַעְנִית. וְחַיָּב אָדָם לִהְיוֹת בָּהֶן שָׂמֵחַ וְטוֹב לֵב, הוּא וּבָנָיו וְאִשְׁתּוֹ וּבְנֵי בֵּיתוֹ וְכָל הַנִּלְוִים עָלָיו, שֶׁנֶּאֱמָר "וְשָׂמַחְתָּ, בְּחַגֶּךָ ...". אַף עַל פִּי שֶׂהַשִּׂמְחָה הָאֲמוּרָה כָּאן, הִיא קָרְבַּן שְׁלָמִים כְּמוֹ שֶׁאָנוּ מְבָאֲרִין בְּהִלְכּוֹת חֲגִיגָה, יֵשׁ בִּכְלַל אוֹתָהּ שִׂמְחָה, לִשְׂמֹחַ הוּא וּבָנָיו וּבְנֵי בֵּיתוֹ כָּל אֶחָד וְאֶחָד בָּרָאוּי לוֹ
Les sept jours de Pasah et les huit jours de la Fête : L'expression « la Fête » se réfère à Soukkôth.

Par cette phrase, le Ramba''m nous fait comprendre que cela ne s'applique pas qu'à Yôm Tôv, mais également durant les jours de Hôl Hammô´édh de ces deux fêtes.

ainsi que le reste des Yomim Tôvim : Le Ramba''m parle ici de Shovou´ôth et Rô`sh Hashonoh.

Le fait que Rô`sh Hashonoh soit un jour de joie, en dépit du fait que ce soit le jour où l'humanité est jugé par Dieu, se reflète dans le verset suivant, qui rapporte que ´azro` et Nahamyoh donnèrent l'ordre suivant au peuple, le jour de Rô`sh Hashonoh6 : לְכוּ אִכְלוּ מַשְׁמַנִּים וּשְׁתוּ מַמְתַקִּים, וְשִׁלְחוּ מָנוֹת לְאֵין נָכוֹן לוֹ--כִּי-קָדוֹשׁ הַיּוֹם, לַאֲדֹנֵינוּ; וְאַל-תֵּעָצֵבוּ, כִּי-חֶדְוַת יהוה הִיא מָעֻזְּכֶם « Allez, mangez des mets succulents, buvez des breuvages doux et envoyez-en des portions à ceux qui n'ont rien d'apprêté, car ce jour est consacré à notre Seigneur. Ne vous attristez donc pas, car la joie de `adhônoy est votre force ».

les éloges funèbres et les jeûnes sont interdits tous ces [jours-là] : Car ces activités sont contraires à l'esprit de réjouissance que l'on doit encourager ces jours-là.

17. Comment cela [s'applique-t-il] ? Les enfants : On peut leur donner des graines grillées, des noix et des douceurs. Les femmes : On peut leur acheter de beaux vêtements et des bijoux, en fonction de ses moyens. Les hommes peuvent consommer de la viande et boire du vin, car il n'est de joie qu'avec de viande, et il n'est de joie qu'avec du vin. Et lorsqu'on mange et boit, on a l'obligation de nourrir le converti, l'orphelin, la veuve, avec le reste des indigents malheureux. Mais celui qui verrouille les portes de sa cour et mange et boit seul avec sa femme et ses enfants, sans nourrir ni donner à boire aux indigents et aux opprimés, il ne s'agit pas là de la joie d'une Miswoh mais plutôt de la joie de son ventre, et c'est les concernant qu'il est dit7 : « Leurs sacrifices sont comme des pains d'endeuillés ; tous ceux qui en mangent seront impurs, car leur pain [sert à satisfaire uniquement] leur personne ». Une telle réjouissance est une disgrâce pour eux, car il est dit8 : « Je répandrai de la fiente sur vos faces, la fiente de vos fêtes ».
יז  כֵּיצַד: הַקְּטַנִּים, נוֹתֵן לָהֶם קְלָיוֹת וֶאֱגוֹזִים וּמִגְדָּנוֹת; וְהַנָּשִׁים, קוֹנֶה לָהֶן בְּגָדִים וְתַכְשִׁיט כְּפִי מְמוֹנוֹ; וְהָאֲנָשִׁים, אוֹכְלִין בָּשָׂר וְשׁוֹתִין יַיִן, שְׁאֵין שִׂמְחָה אֵלָא בַּבָּשָׂר, וְאֵין שִׂמְחָה אֵלָא בַּיַּיִן. וְכִשְׁהוּא אוֹכֵל וְשׁוֹתֶה, חַיָּב לְהַאֲכִיל לַגֵּר לַיָּתוֹם וְלָאַלְמָנָה עִם שְׁאָר הָעֲנִיִּים הָאֲמֵלָלִים. אֲבָל מִי שֶׁנּוֹעֵל דַּלְתוֹת חֲצֵרוֹ וְאוֹכֵל וְשׁוֹתֶה הוּא וּבָנָיו וְאִשְׁתּוֹ, וְאֵינוּ מַאֲכִיל וּמַשְׁקֶה לָעֲנִיִּים וּלְמָרֵי נֶפֶשׁ--אֵין זוֹ שִׂמְחַת מִצְוָה, אֵלָא שִׂמְחַת כְּרֵסוֹ. וְעַל אֵלּוּ נֶאֱמָר "זִבְחֵיהֶם כְּלֶחֶם אוֹנִים לָהֶם, כָּל-אֹכְלָיו יִטַּמָּאוּ: כִּי-לַחְמָם לְנַפְשָׁם"; וְשִׂמְחָה כְּזוֹ קָלוֹן הִיא לָהֶם, שֶׁנֶּאֱמָר: וְזֵרִיתִי פֶרֶשׁ עַל-פְּנֵיכֶם, פֶּרֶשׁ חַגֵּיכֶם
Comment cela [s'applique-t-il] : C'est-à-dire, quels sont des exemples de choses que l'on peut faire pour causer de la joie ou un sentiment de plaisir lors des Yomim Tôvim ?

Les hommes peuvent consommer de la viande et boire du vin, car il n'est de joie qu'avec de viande, et il n'est de joie qu'avec du vin : De nombreux commentateurs se sont interrogés sur ces propos du Ramba''m sur la base du Talmoudh9, qui explique qu'au temps du Béth Hammiqdosh « il n'est de joie qu'avec de la viande » se réfère à la viande des animaux sacrifiés sur l'autel, comme cela est clairement sous-entendu dans la Tôroh.10 Il n'est aucunement fait mention de l'importance de consommer des viandes non sacrificielles depuis que le Béth Hammiqdosh n'existe plus. Par conséquent, à notre époque, il est plus important de boire du vin que de consommer de la viande lors des Yomim Tôvim. Cependant, puisque la plupart des gens prennent plaisir à consommer de la viande, il convient d'en consommer lors des Yomim Tôvim (mais sans aucune obligation. Si on préfère autre chose, que l'on se sente libre de consommer autre chose).

Et lorsqu'on mange et boit, on a l'obligation de nourrir le converti, l'orphelin, la veuve, avec le reste des indigents malheureux : Dans les Hilkôth Maghilloh Wahanoukkoh 2:19, le Ramba''m écrit ceci : שְׁאֵין שָׁם שִׂמְחָה גְּדוֹלָה וּמְפֹאֲרָה, אֵלָא לְשַׂמַּח לֵב עֲנִיִּים וִיתוֹמִים וְאַלְמָנוֹת וְגֵרִים, שֶׁהַמְּשַׂמֵּחַ לֵב הָאֲמֵלָלִים הָאֵלּוּ מִדַּמֶּה בַּשְּׁכִינָה, שֶׁנֶּאֱמָר: לְהַחֲיוֹת רוּחַ שְׁפָלִים, וּלְהַחֲיוֹת לֵב נִדְכָּאִים « car il n'y a pas de plus grande et plus belle joie que de réjouir le cœur des indigents, des orphelins, des veuves, et des convertis, car celui qui réjouit le cœur de ces malheureux ressemble à la Présence Divine, car il est dit11 : ''pour raviver l'esprit de ceux qui sont abattus, et pour raviver le cœur de ceux qui sont brisés'' ». (Voir à ce propos l'article intitulé « Le repas de fête et les dons aux pauvres ».)

18. Bien que manger et boire lors des fêtes soient inclus dans la Miswoh positive [de la réjouissance], on ne doit pas manger et boire toute la journée. Voici plutôt la pratique adéquate : Le matin, tout le monde se lève tôt [pour se rendre] dans les synagogues et les maisons d'étude, et on prie et lit dans la Tôroh le sujet du jour. Puis, on retourne chez soi et on mange. On se rend [ensuite] dans les maisons d'étude, et on lit [dans la Tôroh Écrite] et étudie [dans la Tôroh Orale] jusqu'à la mi-journée. Après la mi-journée, on procède à la prière de Minhoh et retourne chez soi pour manger et boire pour le reste de la journée jusqu'à la nuit.
יח  אַף עַל פִּי שֶׁאֲכִילָה וּשְׁתִיָּה בַּמּוֹעֲדוֹת בִּכְלַל מִצְוַת עֲשֵׂה, לֹא יִהְיֶה אוֹכֵל וְשׁוֹתֶה כָּל הַיּוֹם כֻּלּוֹ--אֵלָא כָּךְ הִיא הַדָּת: בַּבֹּקֶר מַשְׁכִּימִין כָּל הָעָם לְבָתֵּי כְּנָסִיּוֹת וּלְבָתֵּי מִדְרָשׁוֹת, וּמִתְפַּלְּלִין וְקוֹרְאִין בַּתּוֹרָה בְּעִנְיַן הַיּוֹם; וְחוֹזְרִין לְבָתֵּיהֶם, וְאוֹכְלִין. וְהוֹלְכִין לְבָתֵּי מִדְרָשׁוֹת, קוֹרִין וְשׁוֹנִין עַד חֲצִי הַיּוֹם; וְאַחַר חֲצִי הַיּוֹם, מִתְפַּלְּלִין תְּפִלַּת הַמִּנְחָה, וְחוֹזְרִין לְבָתֵּיהֶן לֶאֱכֹל וְלִשְׁתּוֹת, שְׁאָר הַיּוֹם עִם הַלַּיְלָה
Les propos du Ramba''m suivent les instructions générales données dans le Talmoudh12, qui fait remarquer une apparente contradiction dans la Tôroh. D'un côté, nous avons un passage qui décrit les Yomim Tôvim comme un rassemblement pour Dieu13, et de l'autre côté, on nous parle d'un rassemblement pour vous14. Le Talmoudh explique qu'il n'y a en fait pas de contradiction : il suffit simplement de partager les jours de Yôm Tôv en deux : une moitié de la journée consacrée à HaShem (la prière et l'étude) et une moitié de la journée consacrée à nous (manger, boire, dormir, se promener, etc.)

19. Lorsqu'un homme mange, boit et se réjouit lors d'[une des] fêtes de pèlerinage, il ne doit pas être attiré par le vin, le divertissement et la légèreté, en disant que quiconque multiplie ces pratiques ajoute à la Miswoh, car l'ivresse, le divertissement excessif et la légèreté ne sont pas de la joie, mais de la frivolité et de la bêtise. Et nous n'avons pas été astreints à nous adonner à la frivolité et à la bêtise, mais plutôt à la réjouissance qui relève du service du Créateur de tout, car il est dit15 : « parce que tu n'as pas servi HaShem ton Dieu avec joie et contentement de cœur ». Cela t'apprend que le service [de Dieu doit se faire] dans la joie. Or, il n'est pas possible de servir HaShem ni au milieu du divertissement ni au milieu de la légèreté ni au milieu de l'ivresse.
יט  כְּשֶׁאָדָם אוֹכֵל וְשׁוֹתֶה וְשָׂמֵחַ בָּרֶגֶל, לֹא יִמָּשֵׁךְ בַּיַּיִן וּבַשְּׂחוֹק וּבְקַלּוּת רֹאשׁ וְיֹאמַר שֶׁכָּל שֶׁיּוֹסִיף בְּזֶה יַרְבֶּה בַּמִּצְוָה, שֶׁהַשִּׁכְרוּת וְהַשְּׂחוֹק הַרְבֶּה וְקַלּוּת הָרֹאשׁ, אֵינָהּ שִׂמְחָה אֵלָא הוֹלֵלוּת וְסִכְלוּת. וְלֹא נִצְטַוִּינוּ עַל הַהוֹלֵלוּת וְהַסִּכְלוּת, אֵלָא עַל הַשִּׂמְחָה שֶׁיֵּשׁ בָּהּ עֲבוֹדַת יוֹצֵר הַכֹּל, שֶׁנֶּאֱמָר "תַּחַת, אֲשֶׁר לֹא-עָבַדְתָּ אֶת-ה' אֱלֹהֶיךָ, בְּשִׂמְחָה, וּבְטוּב לֵבָב", הַא לָמַדְתָּ שֶׁהָעֲבוֹדָה בְּשִׂמְחָה. וְאֵי אִפְשָׁר לַעֲבֹד אֶת ה'--לֹא מִתּוֹךְ שְׂחוֹק, וְלֹא מִתּוֹךְ קַלּוּת רֹאשׁ, וְלֹא מִתּוֹךְ שִׁכְרוּת

1Yasha´yohou 58:13
2Wayyiqro` 23:7-36
3Pasohim 118a
4Shamôth 34:17
5Davorim 16:14
6Nahamyoh 8:10
7Hôshéa´ 9:4
8Mal`okhi 2:3
9Pasohim 109a
10Davorim 27:7
11Yasha´yohou 57:15
12soh 15b
13Davorim 16:16
14Bamidhbor 29:35
15Davorim 28:47
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